Aujourd'hui, dans le cadre de mon travail, j'ai rencontré une femme admirable. Pas qu'elle soit connue ou qu'elle occupe un travail d'une importance capitale. Pas non plus qu'elle sauve des vies ou qu'elle voyage à travers le monde entier.
La Geneviève en question, formée en graphisme, est partie de la grand'ville il y a maintenant 9 années pour venir s'installer dans une petite région des cantons de l'est avec son amoureux. Ils ont tout laissé tomber pour s'installer en campagne. Neuf années plus tard, Geneviève et son amoureux ont une compagnie d'infographie/graphisme, trois petits garçons et une qualité de vie incroyable. Ils ne regrettent en rien leur choix et sont heureux au quotidien.
Je ne sais pas pourquoi, mais à la fin de notre rencontre, j'ai eu l'impression d'envier cette femme.
Sûrement pas parce qu'elle a trois petits garçons puisque je n'aime pas tellement les enfants. En fait, j'ai plutôt l'impression que c'est eux qui ne m'aiment pas. Je n'ai pas "le tour" avec les enfants. Je n'ai pas ce don incroyable qu'ont les femmes que j'observe de "manier" les petits. Je suis maladroite et je ne ressens aucunement l'appel de la nature en ce qui à trait aux bambins pour l'instant.
Je n'enviais pas non plus Geneviève parce qu'elle avait quitté Montréal pour venir s'installer en région. Bien que je n'aspire pas nécessairement à habiter coin St-Catherine/St-... (j'ai trop peur d'écrire un coin qui n'existe pas...), venant d'une petite région, j'ai toujours affirmé haut et fort que je n'habiterais pas "en région" quand je serais vieille. Elle n'avait donc pas suivi un itinéraire dont je rêvais.
En fait, sur le chemin du retour, je me suis questionnée à savoir ce que cette femme avait et que je pouvais bien jalouser. Certainement pas les enfants. Pas non plus l'endroit de rêve où habiter.
J'ai réalisé qu'au fond, j'enviais l'assurance de Geneviève, sa certitude quant à ses choix de vie et sa réussite. Au-delà de sa réussite profesionnelle, elle était heureuse. Elle transpirait la passion.
Je ne m'exilerai probablement jamais en région pour faire ma vie avec un homme.
Je n'aurai certainement pas trois enfants.
Mais j'espère qu'un jour quelqu'un, en m'observant travailler, pourra m'envier et dire que je suis une passionnée.
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